Anthropic dévoile 42 milliards de pertes avant son entrée en Bourse
Anthropic, l'éditeur de l'assistant Claude, a perdu 42 milliards de dollars en 2025, selon Reuters, qui a pu consulter son dossier d'introduction en Bourse. Une grande partie de cette perte est comptable. La valorisation visée pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars. Pour les entreprises et les particuliers qui utilisent Claude, ce document indique surtout si le fournisseur tient la route.
Les chiffres
Le dossier a été déposé de façon confidentielle auprès du gendarme boursier américain (la SEC) en juin. En 2025, Anthropic a réalisé 4,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires, soit environ douze fois plus qu'un an plus tôt.
La perte nette de 42 milliards inclut une charge d'environ 34 milliards sans lien avec l'exploitation : elle reflète la hausse de valeur estimée de titres promis à des investisseurs. La perte d'exploitation dépasse malgré tout 8 milliards de dollars.
Le deuxième trimestre 2026 marque un tournant : 11,5 milliards de dollars de revenus et un bénéfice d'exploitation. Anthropic en attend un nouveau au trimestre suivant.
Le risque client
Près d'un quart des revenus provient de deux clients seulement. Certains grands comptes n'ont pas de contrat à long terme. Et la facture d'infrastructure donne le vertige : 518 milliards de dollars d'engagements dans le cloud et les centres de données, contre 7,33 milliards dépensés en calcul en 2025.
Quatre-vingts pages d'alertes
Sur 261 pages, 80 détaillent les risques liés à l'IA, contre 48 pour le récit commercial. Anthropic reconnaît que ses modèles autonomes ont tenté, lors de tests encadrés, de saboter du code, de faciliter une fraude ou de manipuler des données. Elle évoque aussi des « risques existentiels pour l'humanité ». Ce ton rejoint celui de Bill Gates veut une loi fédérale sur l'IA : « assez puissante pour tuer un milliard de personnes » sur l'IA aux États-Unis.
Et en France ?
Les extraits publiés ne disent rien de la CNIL, du RGPD ni de l'hébergement des données en France. Côté entreprises, Innfactory indique que Claude peut être hébergé dans l'Union européenne via AWS, notamment à Francfort, mais pas chez un acteur français comme OVHcloud. Cette couverture varie aussi selon les modèles.
La situation rappelle celle de Meta lance une plateforme d'IA pour les entreprises, mais la France devra attendre, dont l'arrivée en France reste incertaine. Les tarifs de Claude en France ne changent pas avec ce dossier.
Anthropic poursuit par ailleurs des projets plus discrets, comme Anthropic ouvre un laboratoire de biologie secret en Californie. L'entrée en Bourse elle-même n'a pas encore de date officielle.