Star Catcher va tester l'énergie par laser entre deux satellites

Par: Michael Korgs | aujourd'hui, 15:53
Star Catcher va tester l'énergie par laser entre deux satellites

Un satellite américain va tenter en octobre d'envoyer de l'électricité à un autre satellite avec un faisceau lumineux, sans aucun câble. La start-up Star Catcher lancera son engin Protostar depuis la base californienne de Vandenberg, à bord de la mission Transporter-18 de SpaceX. Si le test réussit, les satellites pourraient recevoir de l'énergie en orbite au lieu de dépendre de leurs seuls panneaux solaires, ce qui intéresse aussi les opérateurs européens.

Le principe

Une fois en orbite, Protostar libérera un petit CubeSat (un satellite de la taille d'une boîte à chaussures) équipé de panneaux solaires classiques. L'appareil principal devra le repérer seul, suivre sa trajectoire et diriger un faisceau optique vers ses cellules. Les ingénieurs mesureront ensuite l'énergie réellement reçue.

Star Catcher ne part pas de zéro. En octobre 2025, l'entreprise a transmis plus de 1,1 kW à des panneaux du commerce lors d'essais au sol au centre spatial Kennedy de la NASA, un record annoncé par ses soins. Son logiciel de détection et de suivi a aussi été validé fin 2025 lors de la mission Sextant Alpha.

Le concept n'est pas inédit en soi. Le projet MAPLE de Caltech a déjà transmis de l'énergie dans l'espace en 2023, mais avec des micro-ondes. Protostar mise sur la lumière, entre deux engins qui volent librement.

L'argent est déjà là

Selon Satellite Today, la société a bouclé en mai 2026 une série A de 88 millions de dollars. La Force spatiale américaine lui a en outre confié un contrat STRATFI de 60 millions de dollars. Dix accords d'achat d'énergie sont signés, notamment avec Starcloud, Loft Orbital et Astro Digital.

Et l'Europe ?

Parmi les clients cités, aucun n'est européen. L'Agence spatiale européenne explore de son côté une autre voie avec son initiative SOLARIS, fondée sur les micro-ondes et pas sur le laser, avec une démonstration d'Airbus à Munich sur 36 mètres. Les deux approches ne répondent pas tout à fait au même besoin, mais l'Europe n'a pas d'équivalent de Protostar à annoncer.

Aucun tarif public n'existe pour l'instant, et un accès commercial avant 2027 paraît improbable. Le lancement se fera depuis les États-Unis.

L'enjeu dépasse les satellites d'observation. Les centres de calcul en orbite, comme ceux que prépare Starcloud, consomment beaucoup d'électricité. Le même lanceur emportera d'ailleurs les puces IA de Google pour un test en orbite.

Reste un point à surveiller : Protostar est une démonstration. Son rendement réel, face aux 800 W obtenus par la DARPA avec un système au sol en juin 2025, ne sera connu qu'après le vol.