4,6 millions de km² : la banquise arctique a atteint son minimum annuel 2026

Par: Michael Korgs | hier, 23:25
Étendue de la banquise arctique au minimum annuel du 12 septembre 2026 Étendue de la banquise arctique au minimum annuel du 12 septembre 2026. Source: science.nasa.gov

Le 12 septembre 2026, la banquise arctique a atteint son minimum annuel, avec une étendue estimée à 4,6 millions de kilomètres carrés. La NASA et le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) suivent ce chiffre chaque année depuis la fin des années 1970, et celui de 2026 confirme une tendance déjà bien installée : la glace de mer arctique continue de reculer.

Selon la NASA, ce résultat place 2026 à la dixième place des minimums les plus faibles jamais mesurés, à égalité avec 2008, 2010 et 2025. Le site français Météo Consult, qui cite lui aussi le NSIDC comme source, situe pourtant ce même minimum au 11e rang — un écart d'une place entre deux lectures du même classement.

Plus largement, les vingt dernières années, de 2007 à 2026, ont produit les vingt minimums annuels les plus bas jamais enregistrés depuis le début des mesures satellitaires continues, en octobre 1978. Ce suivi a démarré avec le satellite Nimbus-7, s'est poursuivi avec les satellites du programme DMSP, puis avec Aqua entre 2002 et 2011, avant de reposer depuis 2012 sur l'instrument AMSR2 embarqué à bord du satellite japonais GCOM-W.

Un mouvement inverse en Antarctique

Pendant que l'Arctique fond, l'hémisphère sud vit la situation opposée : la banquise antarctique approche de son maximum annuel. Elle a pourtant perdu environ 300 000 kilomètres carrés en seulement six jours, avant de reprendre sa croissance. Walt Meier associe ce recul temporaire à des conditions météorologiques qui ont compacté la glace mobile près du bord extérieur de la banquise. Sa collègue Linette Boisvert note qu'une couverture nuageuse plus importante depuis une dizaine d'années limite l'ensoleillement direct de la glace, ce qui contribue à une relative stabilité de l'étendue observée en septembre.

Les deux chercheurs restent prudents sur ce que cette évolution récente dit d'une tendance de long terme en Antarctique. Contrairement à l'Arctique, où la trajectoire à la baisse est établie depuis des décennies, la banquise australe reste un phénomène plus difficile à lire d'une année sur l'autre.